L’espoir s’attache à ce qu’il peut trouver
Comme un vent léger s’infiltre dans chaque brèche que le cœur laisse ouverte.
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L’espoir s’attache à ce qu’il peut trouver
Comme un vent léger s’infiltre dans chaque brèche que le cœur laisse ouverte.
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Photo : Rose Black
Aller voir une exposition, c’est aller voir les autres, leur façon d’appréhender le monde, de voir la vie, c’est aller à la rencontre des corps. Et au fond, c’est ce qui nous en reste qui est important, les images que l’on gardera avec soi, et qui continueront de danser dans nos souvenirs. Je n’étais pas seule quand je suis entrée à l’exposition de Beaubourg, nous étions deux …
De celle-ci j’ai gardé les couleurs, bleu, rouge, jaune, au cœur des tableaux, couleurs en mouvement des corps parsemés sur les toiles, visions des peintres qui les ont admirés. Une gigantesque pour Matisse, formes bleu suspendues dans l’air, accrochées par un fil invisible, pendant qu’à ses pieds une femme dansait sur le sol, mouvements lents d’une grâce inconsciente…
Dans le noir, des corps assis, tendus vers l’écran et ce qui s’agite devant eux, rythmes de tout âge, de tout genre, danse moderne, couples réunis ou séparés au rythme de la musique, partout présente. Tubes de nos années de jeunesse, des gens heureux s’arrêtent et recommencent. Les corps se meuvent, les corps s’agitent, s’élancent et retombent, et se figent dans un bref silence.
Plus loin, un corps huilé exalte la beauté de la nudité, quand le doré révèle la couleur de la peau. Sur un autre encore des voiles s’agitent et s’envolent, sans fin.
Nous marchons et sans doute nous dansons un peu aussi, entre les corps qui se donnent. Le mouvement entre en nous.
Et tout à coup, la surprise de m’apercevoir que j’en ai perdu un, celui qui m’accompagnait avait disparu...
Mais me restaient tous ces mouvements qui faisaient « danser ma vie ».
L’amour Est comme une eau Il peut se bloquer Se tarir Grandir, se sauver Pour toujours fuir S’infiltrer, déborder, Se geler, Repartir, Et frémir Aux caresses d’un sourire…
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Hommage à Geneviève Molle
On apprend qu’une personne est partie. Hier. Et tout à coup reviennent les souvenirs, des instants gravés dans notre mémoire et qui le resteront, une posture, un sourire, un rire, un éclat des yeux, une présence, une chaleur, des phases où se cachaient l’amour, et nous reviennent encore l’absurdité de la mort, et les petites querelles, les conflits, les faux-semblants, les guerres et le temps qui s’enfuit.
Et nous pensons à ce chemin sans elle à nouveau, nous ne l’avons plus en devenir, nous n’échafaudons plus de projets, le temps s’arrête comme un leurre. Il nous reste la pensée, et la mémoire, et tout ce temps à rester auprès d’elle sans la voir…
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Les étoiles filantes
Font des bonds dans l’eau
Je l’aime
L’eau qui se languit
Ouvre ses carreaux
Je l’aime
Quand les fleurs fanées
Se font papillons
Je l’aime
Au creux des nuages
Au ventre alourdi
Je l’aime
Une vague lueur
Dans le ciel de nuit
Penser à quelqu'un, c'est l'envelopper (ou pas) d'amour.
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Après la guerre, ce qui rendait les gens heureux, ce n’était pas seulement la fin de la guerre, mais l’espérance de prospérité dans la solidarité.
Au niveau de conscience où nous en sommes, nous pourrions aujourd’hui retrouver cette volonté sans prendre les armes.
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N’a de pouvoir que celui à qui on le donne…
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Après le concert d'Arbon
Quel moment de bonheur, que le partage d’un artiste avec son public. Les cœurs se déverrouillent au rythme des notes. Ils s’envolent bien plus haut que la scène, les images, les visages pour nous emmener loin, très loin, dans un coin du ciel qui résonne et revient nous bercer, nous chahuter, repart et revient, dans un incessant tumulte, entre l’infini et le plus profond de nous-mêmes. Un partage, une union, une communion. Et l’on repart heureux, débarrassé d’un poids que l’on ne soupçonnait peut-être pas, étonnés d’être si légers, par les notes et les voix. Et les mots continuent leur chemin, nous promenant sans cesse, entourés par les autres, comme un vaisseau calme au milieu d’une tempête, et c’est beau...
Je me suis demandée quelle était notre vie avant les mails. J’ai essayé de me souvenir.
Nous recevions un coup de fil, nous écoutions la voix, ressentions l’émotion, sous les mots se cachait l’intention, que l’on devinait, plus ou moins proche. Ou une lettre que l’on ouvrait tranquillement, un temps encore pour la lire, y penser, parmi les autres, et les mots qui voguaient encore, accompagnés par la pensée de l’autre, la pensée qui le gardait un temps, et l’enveloppait. On réfléchissait à ce que l’on allait répondre, on prenait son temps aussi, et la pensée s’étalait, l’amour sans doute, s'étirait.
Je me demande ce que déclenche cette immédiateté, cette rapidité sous les doigts, je me demande si ce n’est pas tout à coup une injonction, un espace si restreint que l’on y perd sa propre voix, dans la précipitation, si l’on est pas obligé d’en emprunter une autre, pour ne pas se tromper. Je me demande si cette obligation d’immédiateté ne vient pas configurer notre relation à l’autre de façon différente, à plus ou moins long terme. On s’en tient aux faits et l’écriture y perd un peu ses droits, vite pensée, vite tracée, souvent dans des formules d’usage, un peu comme les anciennes formules de politesse. On pense à l’autre moins longtemps, entraînés vers le suivant comme des petits navires sur lesquels on saute en vitesse.
Alors, retour à la lettre ?