L’air est immobile, soucieux
Se glisse furtivement
Sans ciller entre les opacités
Des formes
Et soudain
Les feuilles bougent, frétillent
Les arbres frissonnent, s’agitent
Le vent se lève.
L’air est immobile, soucieux
Se glisse furtivement
Sans ciller entre les opacités
Des formes
Et soudain
Les feuilles bougent, frétillent
Les arbres frissonnent, s’agitent
Le vent se lève.
A ma mère, Joséphine,
Derniers instants
Fugitifs
Volés dans le courant du temps
Intenses
Brefs
Etoiles filantes
Et transparentes
Espoir fait chair
Baiser brûlant
Espoir lancé
Communion
Joie
Silence
Bruyant
Dans la symphonie de la vie
Pardon vivant
Eclairant la misère et la haine
Baiser cinglant
A la douceur d’un pétale de laine.
Une lumière passe dans le ciel
Suivie d’une ombre
Nuage
Ailes et vents tournant
Au détour d’un courant
Qui passe
Et s’étend
Une ombre dans le ciel
Passe et s’étend
Entre autres différente.
***
Au plus près de ton cœur
Les notes sont
Le silence luit
Le vent se lève
Les souffles songent
Les erreurs plongent
Au plus près de ton cœur
Le rythme bat
Les autres là
Tout contre toi
Les gestes vrais
Les pas sans heurt
Au plus près de ton cœur
Les portes s’ouvrent
Les murs s’abattent
La lumière point
Au plus près de ton cœur
Tu resteras
Debout.
***
*
Rester sur un sourire
Une parole aimante
Rester
Voler sur un souvenir
Un regard léger
Voler
Rester sur une parole
D’amour et d’amitié
Rester
Sur une présence douce
Un moment partagé
Chasser
La haine, la calomnie
Les idées arrêtées
Mais
Seulement
Aimer.
***
Le vent
Circulaire
Frappe les arbres
Ouvre le ciel
Gris
En bleu
Nous pousse
Hors des limites
Du temps.
***
Plus haut
Plus haut
A l’assaut du ciel
Blême
Plus haut, plus haut !
Les tours se prennent
Pour des îles
Des idylles
Avec ?
Argent jeté
Tout en haut
Des fenêtres
A la barbe de ceux
Qui sont tout en bas
Bien au ras de la terre
Et couchés sur le sol.
***
Photo : Olivier Lecointe
Et la guerre et la lutte pour y chasser le doute
Les membres déchirés pour y pleurer le sang
Le cahot et la peine qui nous mènent au néant
Et un sourire d’enfant, éternel, grandissant…
La tempête et les larmes, les portes d’un ouragan
Les maisons qui s’envolent, des éclairs, des torrents
Un orage sans fin ni pitié, ni semblant
Et un nuage clair, dans le bleu, éclatant…
Des idées, des discours, des sanglots, des critiques
Des dialogues de sourds, des épreuves des supplices
Des tortures et des cris ou de sombres pupitres
Et le silence devant, l’amour incandescent…
Et des lianes tueuses des forêts dévastées
Un marché bien étrange du mal que l’on y fait
Moqueuses et vengeresses de notre ultime faiblesse
Et un arbre déplie sans s’en faire, ses caresses…
Etre céleste au cœur libre, au corps irradiant !
Ame ! Rêve !
Ombre d’une poussière soulevée du chemin !
***
Tu es le temps, l’essence des gouttes de la création.
Tu es le lieu, la fraîcheur de l’aurore.
Tu es l’Autre, autre : flamme inaccessible, cachée dans l’apparent.
Tu es le cœur du cœur, l’œil du cœur.
Tu es le plaisir, la main tendue de ce regard éclatant.
Mes deux cœurs !
Tu es la nuit, le jour.
Je suis l’aurore, le crépuscule.
Tu es translucide, blanchissement des ténèbres.
Tu es l’aspect tranchant de l’amour, au-delà de la chair.
Non, le don de la lumière de l’amour.
Autre cœur : la main sécurisante de la naissance.
Un cœur à côté du cœur.
Mes deux cœurs. 1994
***
* En langue Persane le mot “Dodel ” signifie à la fois deux cœurs et hésitation
Les ballons dorés effleuraient Le dessus de l’eau L’encre avait jeté son trait Derrière les nuages attrapés Au dessus de l’horizon Le soir descendait…