Aujourd’hui, j’ai vu un homme braver la mer en furie, surfer sur les vagues, faire des sauts en plein ciel, le corps tendu vers une sorte de parachute, et j’ai pensé que c’était une des plus belles manifestations du mouvement, quand l’élément fait partie du corps, en un seul élan, relié à son cœur comme à une fleur qui s’ouvrirait au soleil.
J’entends beaucoup d’échos contradictoires, de messages de grand espoir en même temps que de désespoir et de haine contre les uns ou les autres, comme chaque fois que la peur et la frustration que l’on ne pense pas mériter se déchainent. Faire le tri sans doute. Et dire : qu’il n’y a rien pour rien, que ce qui arrive était sans doute inscrit. Fatalisme ? Peut-être.
Espoir que les choses changent enfin, que les êtres humains évoluent vers le mieux, et le mieux n’est plus associé seulement aux biens matériels mais au mieux de l’être. Être bien dans la nature, être bien avec les siens, être bien avec les autres, être bien. Bien sûr il n’y a pas de bonheur constant, comme une ligne droite, il ne peut qu’être fugace, comme tout, soumis aux variations de l’univers, comme nous en faisons tous partie, cet univers en mouvement, en transformation constante, et bien avec soi-même puisque l’on nous demande d’entrer au plus profond de notre être, la plupart du temps seuls, et bien seuls, et y retrouver l’essentiel.
La veille de la lune rose, où ciel et terre semblent se confondre...
Je ne sais plus quoi dire... Le silence s’impose quand tant de colère gronde, que les vivants se battent contre l’ennemi aveugle qui frappe sans compter les corps qui sont livrés. Pouvait-on le prévoir ? Pouvait-on le semer ? Tant de questions uniques qui restent sans réponse. L’avenir nous dira. Pour peu que l’on respire le nouvel air qui danse, pour peu que l’on écoute la terre délivrée, elle qui demandait, elle qui réclamait et que l’on n’écoutait jamais. Elle nous demandait les efforts de gré, elle nous les prend, de force. Pourvu que l’on se prenne d’amour décuplé pour sa diversité, sa générosité. Pourvu que l’on se tourne vers l’humain l’autre frère, que l’on se doit d’aimer, même s’il est danger. Pourvu qu’à l’avenir, unis et solidaires, nous nous en souvenions, et consentions d’une voix, unique dans le sens, nous soyons victorieux, aux portes d’une nouvelle existence…
Voici le dernier article que je n’avais pas partagé. Mais le matin de la lune rose, j’ai trouvé un oiseau mort au coin d'une fenêtre, la tête sur mon paquet de cigarettes. Nous avons essayé de la ranimer, en vain. Son œil s’est définitivement fermé. J’ai d’abord cru que c’était une hirondelle, parce qu’elle était noire et blanche, mais c’était sans doute une mésange, qui me rappelle ma mère. Mon paquet de cigarettes est synonyme d’écriture, je ne peux écrire sans fumer. Bien sûr je me pose la question de savoir de quel signe il s’agit parce que je ne doute pas qu’il en est un. Deux sens étaient possibles : soit on me dit d’arrêter complètement, soit on me dit que je dois continuer, ne plus douter en me disant que cela ne sert à rien. Je choisis de continuer, et ce premier article en est le début.
« Au cœur d’un petit hameau de la Drôme, quelques habitants qui ont noué des relations d’amitié dans une vie en dehors de la société se trouvent confrontés à un crime. L’arrivée d’un écrivain puis de sa compagne va venir bouleverser ces « exilés », qui aiment se retrouver, tous partageant une existence sans trop d’histoires. Des tensions s’installent, les relations changent, et l’on assiste à un véritable bouleversement qui jalonne cette recherche du coupable dans un thriller où se mêle le surnaturel. »